Sur l'écran de la télé de RDI surgit le visage d'un
adolescent de 17 ans. Il porte le casque militaire, la mitraillette,
bref, le costume du fantassin. Dans quelques semaines, entraîné par
l'armée canadienne depuis quelques années déjà, il quittera sa Mauricie
pour Kandahar.
Il viendra alors tout juste d'avoir ses 18 ans, cet âge
merveilleux où, au Canada de Stephen Harper, Stéphane Dion et Gilles
Duceppe, on peut aller faire la guerre à l'autre bout du monde, dans un
pays misérable, chasser et tuer le taliban ou ce qui lui ressemble ou
se faire tuer avant même de commencer à vivre. Cela, au nom de la
défense de la démocratie!
Il a hâte de partir, l'ado, parce que la guerre, estime-t-il, c'est
une activité «extrême». Ça va le changer des mollesses familiales,
précise-t-il, et de sa soeur, sans doute une mauviette, qui voudrait
bien qu'il ne parte pas: elle ne se rend pas compte, elle, qu'à 17 ans,
on est un vrai homme, quand même! Et que la démocratie, on le sait si
bien à cet âge de grande sagesse, ça se défend, ça se promeut par les
armes!
À quoi s'attend-il au juste, en Afghanistan?
«Je l'sais pas trop, j'suis jamais allé à la guerre... !»,
répond-il, le visage encore poupin traversé d'un sourire gêné. Ses
«frères d'armes», comme ils disent, affirment à la caméra que cet
enfant a du caractère. Ils ont, du haut de leurs 22 ou 23 ans, l'air
d'être fiers du jeune, et ils vont éventuellement le protéger, leur
benjamin!
La larme qu'on pourrait avoir envie de verser devant ce spectacle
ahurissant, sinon obscène, se transforme rapidement en rage vive quand
apparaissent peu après, sur les écrans, ces sépulcres blanchis de
politiciens qui viennent bêler leur discours propagandiste et mensonger
sur la justesse de cette guerre et le respect dû aux soldats. Ces
jeunes, affirment-ils, vont volontairement risquer leur vie, risquer de
verser leur sang, en notre nom, pour le mieux-être de ces pauvres
Afghans et, surtout, de ces pauvres Afghanes qui, on l'aura remarqué,
ont la burqa très opportune aux mains de la bande de Stephen Harper et
de ses vassaux, y compris ceux qui pérorent à l'Assemblée nationale du
Québec en dénigrant les opposants à la guerre et à l'armée.
Source : "Le Devoir.com".
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